Septembre 2005

Mercredi 21 septembre 2005, il est 14h56 à PORTOBELO, Panama

Bonjour à tous !

Plus d'un mois que je n'ai pas fait de message à tous ! C'est que nous étions encore et toujours à Colon ou pas grand chose d'intéressant à raconter ne se produisait. Nous y avons fait beaucoup d'achats pour le bateau et l'approvisionnement de toutes sortes et bien entendu des travaux.

Bon, ce matin, nous en sommes sortis après 2 long mois dans ce port qui n'a rien de très invitant mais qui a quand même l'avantage d'être très abrité. Il y avait environ 25 cargos à l'ancre qui attendaient leur tour pour traverser le canal, c'est vous dire le rythme sans relâche qui prévaut dans ce port où la majorité des bateaux ne font que passer..

Il était 9h00 lorsqu'une fois l'ancre levée nous avons pris le chemin de la mer. Une mer calme avec un vent léger variable de 10 à 15 noeuds venant du sud ce qui nous a permis de faire le trajet à la voile tout en douceur, juste ce qu'il fallait pour nous redonner le goût de naviguer ! Nous avions prévu mettre notre turbo moteur à l'épreuve mais ce sera pour un autre jour.

Nous avons suivi la côte et nous sommes entrés dans cette jolie baie de PORTOBELO après un court trajet de 5 heures. Il était donc 14h00 lorsque nous avons de nouveau mouillé notre ancre. Le temps est couvert et nous aurons probablement de la pluie avant la fin de la journée.

Il y a ici une quinzaine de bateaux mais pas un canadien, ni français alors ce sera certainement tranquille pour l'Happy Hour !

Avec ce premier déplacement nous amorçons notre voyage jusqu'à Cartagena en Colombie d'ou je dois prendre un avion vers New York et un autre moyen de transport jusqu'à Montréal, pour un séjour de quelques semaines, départ le 11 octobre en fin de soirée.

Nous prendrons donc environs 2 ½ semaines pour nous y rendre en passant par les San Blas. Nous espérons retrouver un peu l'eau turquoise, nous baigner, faire un peu de pêche et en profiter car une fois que je serai partie, Gaétan reprendra le rythme des travaux avec le carénage à faire et les autres travaux non achevés.

Voilà, nous sommes très heureux de cette première journée de navigation et souhaitons qu'elles soient toutes aussi belles.

À bientôt

Marianne

POSITION :

  9 33.366 N

079 39.609 W

 

Vendredi 23 septembre 2005, il est 11h00 à Isla LINTON, Panama

Bonjour à tous,

Hier matin, il faisait soleil et très chaud, nous nous sommes dit qu'il valait mieux en profiter pour faire la visite du village de PORTOBELO tôt pour profiter du soleil et avant qu'il ne fasse encore plus chaud. Et c'est bien ce que nous avons fait avec grand plaisir car c'est tout à fait charmant. Nous sommes rentrés pour dîner au bateau et immédiatement après le repas Gaétan s'est penché (ce n'est pas juste au figuré !) sur le problème des batteries, tests, lecture, vérification, cogitation, etc.

Peu de temps après notre retour au bateau il s'est mis à pleuvoir. J'en ai profité pour laver le pont et nous avons rempli nos réservoirs.

Ce matin Gaétan a parlé du problème des batteries avec les gens du réseau qui lui ont envoyé par messagerie de l'information pour améliorer la performance de nos batteries qui n'ont que 2 ans ! Nous avons donc pris la décision de ne pas les remplacer et de poursuivre notre route dès ce matin.

Nous sommes partis de Portobelo à 9h00 avec un magnifique ciel bleu sur une mer d'huile sans un atome de vent et nous avons fait à peine 2 heures de route et nous voici ancrés face à l'ISLA LINTON.

Nous désirons aller voir l'installation de PANAMARINA qui est juste un peu plus à l'ouest. Nous nous y rendrons en annexe. Et nous communiquerons peut-être avec un couple de français, Françoise et Michel, du bateau TINTAMARRE, que nous avons rencontrés à Colon et qui sont maintenant installés dans leur maison (à terre) tout en ayant toujours leur bateau.

Gaétan va commencer à nettoyer la coque et nous partirons à terre après le repas du midi.

Voilà, bonne journée à tous.

Marianne

Position

  9 36.716 N

079 35.140 W

Isla Linton

 

Dimanche 25 septembre 2005, il est 14h45 à Porvenir,San Bas, Panama

Bonjour à tous,

Finalement, vendredi, nous avons passé tout l'après-midi dans l'eau à gratter notre coque qui en avait grandement besoin. Il y avait une épaisseur de vie marine qui s'y était accrochée le temps que nous étions à Colon. Environ 2 cm de coquillages, algues, corail mou et toutes sortes de petites bestioles y avaient élues domicile. Pour vous faire une idée de ce que cela représente comme travail c'est comme gratter un pare-brise suite à un verglas (au Québec)à l'exception de la dimension car sur votre voiture vous avez environ 2 pieds par 4 pieds de superficie alors que pour faire notre coque cela représente environ 100 pieds par 10 pieds ce qui est très approximatif mais ça peut quand même vous donner un ordre de grandeur ! Nous étions bien sûr très fatigués suite à cet exercice mais en même temps très satisfaits du travail accompli !

C'est donc samedi matin, sous un beau ciel bleu, que nous nous sommes rendus en annexe à PANAMARINA en passant par un chemin à travers la mangrove, très joli. Nous avons rencontré Sylvie et Jean-Paul, propriétaires de la marina et nous avons jasé avec eux pendant un moment. Ils sont très gentils et très accueillants.

Nous sommes ensuite allés voir le petit village le plus près qui est CACIQUE. C'est minuscule mais la promenade pour nous y rendre nous a dégourdi les jambes. Nous avons eu la compagnie du petit chien de la marina qui a fait l'aller-retour avec nous. Tout en nous promenant j'ai fait remarquer à Gaétan la ressemblance de Jean-Paul avec le célèbre personnage, Astérix. Il me dit : tu as bien raison.

Au retour, nous avons décidé de prendre notre repas du midi à la marina où la cuisine y est très bien et pas cher. Gaétan a goûté à de la poulpe à la noix de coco et moi une côtelette de porc pommes et pruneaux. Sylvie et Jean-Paul étaient à la table juste à coté de nous et avaient comme invités 3 autres français avec qui nous avons fait connaissance. On parle bateau bien entendu et devinez un peu quel est le nom du bateau de Jean-Paul et Sylvie, IDÉFIX !!! La pluie s'était mise de la partie et nous ne partions plus discutant tous ensemble bien à l'abri.

Au retour au bateau nous attendions à notre tour des invités, un couple de Français, Solange et Claude, rencontrés le matin même alors que nous nous étions arrêtés à leur bateau pour leur demander différentes informations. Nous avons passé un bon moment ensemble parlant de nos destinations qui se croisent, eux se dirigeant vers le Honduras et nous vers les San Blas.

Ce matin, départ à 08h00 sur une mer d'huile et sous un beau soleil. Tout le trajet à moteur, bonne occasion de mettre à l'épreuve notre turbo qui tient le coup ! Nous avons eu une touche sur notre ligne à la traîne mais le poisson trop vigoureux s'en est tiré et nous sommes quitte pour un souper sans poisson au menu ! C'est vers 14h15 que nous avons jeté l'ancre devant notre première île qui appartient aux San Blas, Porvenir. Nos dernières tâches n'étaient même pas achevées que nous avions 6 cayucos accrochés à nous avec à leur bord que des femmes à l'exception d'un jeune homme. Elles nous présentent des molas plus jolis les uns que les autres, mais nous n'avons pas envie de regarder tout cela à la fois et surtout nous ne sommes pas acheteurs alors pas la peine de leur faire perdre leur temps avec nous. Mais voilà, elles ne partent pas facilement. Nous nous remettons donc à nos tâches et finalement un après l'autre les cayucos repartent vers le village.

C'est un tout autre décor qui nous entoure et nous sommes heureux de retrouver une eau claire tout autour de notre bateau. Il fait toujours beau et très chaud, nous irons donc à la baignade en profiter un peu.

Bonne fin de journée à tous.

Marianne

POSITION

  9 33.497 N

079 57.016 W

PORVENIR, San Blas, PANAMA

 

Lundi 26 septembre 2005, il est 09h04 à Porvenir, San Blas, Panama

Bonjour à tous,

Quelqu'un m'a demandé ce que sont les molas. Voici un peu d'explications et une photo dans un autre message pour ceux qui peuvent les recevoir.

Bonne journée

Marianne

Mola

Exportées en tant qu'objets d'art dans le monde entier, les mola (en abrégé mor) ornent par paire le devant et le dos du corsage des femmes. On dit que cet art apparut au XIXe siècle, lorsqu'il fallut trouver un substitut "fonctionnel" aux peintures polychromes du torse nu des femmes, contraintes par les missionnaires à se vêtir plus "décemment". Les mola cousues sur leurs blouses restent donc plutôt traditionnelles, où prédominent tons rouges et sobres motifs amérindiens. En revanche, les mola commercialisées présentent une très ample variété de styles, de sujets et de couleurs - de complexité, de prix, de finition et de qualité artistique aussi ! . Mais le plus fascinant réside sans doute dans la technique de réalisation, qui exige elle-même un "design" préalable assez subtil. Par exemple, une mola révèle la superposition de 5 couches principales d'étoffes de couleurs différentes : bordeaux, orange, noir, bleu et, à nouveau, bordeaux. Chacune des 4 couches supérieures est ajourée de façon à laisser apparaître les couleurs des couches placées en dessous (technique d'appliqué inversé). Localement sont intercalées ou superposées (en appliqué direct cette fois) des pièces plus petites de couleurs variées : blanc, rose, jaune, vert, mauve... Les coutures, quasi invisibles, sont faites au point de surjet, avec un fil de même couleur que le tissu, en rabattant finement le bord. Cette mola comporte quelque 40000 points (oui, nous les avons comptés ;-) . Sa réalisation a demandé 3 semaines de travail, pour un prix de vente de $30. Les motifs trop fins pour être réalisés en appliqué sont brodés - au point de feston, de chaînette, d'épi etc. Les différentes techniques sont combinées en proportion variable, selon le style et la complexité graphique du sujet - et les aptitudes de la couturière ! Ainsi les mola à dominante bleue et motifs de poissons, qui sont très appréciées par les touristes occidentaux, font surtout appel à l'appliqué direct et à la broderie, alors que les mola classiques à dominante rouge restent fidèles à l'appliqué inversé.

 

Lundi 26 septembre 2005, il est 15h52 à Tiatup, Lemon Cays, San Blas, Panama

Bonjour à tous,

Hier, en toute fin de journée, un cayuco avec 3 femmes est revenu et nous avons fait du semi troc. Je me suis laissée tenter par 2 molas, Elles ont baissé leurs prix en acceptant une robe et un paréo en échange. Nous leur avons aussi donné des bonbons qu'elles réclamaient, des trucs pour les cheveux de leur petites filles, un cahier et un crayon avec aiguisoir, une revue et elles en redemandaient (bien gentiment et en riant !) !!!Et l’une d'entre elles m'a aussi donné une toute petite mola en cadeau.

Ce matin, un cayuco s'approchait de notre bateau alors qu'il n'était que 07h30. Je leur ai dit qu'il était bien trop tôt et elles sont reparties.

Gaétan est allé sur l'île de Porvenir y faire les formalités de sortie du Panama, il lui en a coûté $8.45 et il a aussi dû payer $8.00 une taxe pour les Kunas.

À son retour le cayuco des dames à qui nous avons acheté des molas hier en fin de journée est revenu nous voir pour nous donner des cadeaux, d'abord, un joli collier pour moi et une carte postale d'une femme Kuna, ensuite un collier pour Gaétan et finalement une des trois femmes m'a attaché un petit bracelet du genre de celui qu'elles portent uniquement une fois qu'elles sont mariées.

Nous leur avons offert de nouveau des bonbons et du café à chacune. Elles étaient très heureuses et désiraient parler avec nous et bien sûr elles auraient aimé que nous achetions autre chose mais nous leur avons expliqué que nous ne pouvons acheter tous les jours et il n'y a eu aucune insistance.

Nous sommes ensuite allés à terre visiter l'île Wichub Huala juste à côté de Porvenir. Nous nous sommes retrouvés en plein décor de L'Île de Guiligane pour ceux et celles qui connaissent cette série télévisée américaine ! Un autre monde ! L'île, toute petite, est surpeuplée. Il y a des huttes partout et quelques habitations en " dur " ! Et nous y avons même trouvé un téléphone à partir duquel j'ai téléphoné à mes parents. J'avais l'impression d'être dans un décor de film avec un brin de modernisme qui ne devrait pas figurer dans ces images ! Ces gens n'ont rien de ce que nous avons nous comme objets " utilitaires ". Ils vivent avec très peu. C'est fascinant de voir ce milieu de vie mais on a l'impression d'être quelque peut " voyeurs " en entrant dans la vie privé des gens. Mais le touriste qui apporte des $$$, c'est aussi cela !

Nous avons levé l'ancre après notre repas du midi et en moins d'une heure nous étions dans ce nouveau mouillage où nous sommes seuls. Malgré le fait que les îlots autour semblent inhabités voici que viennent nous visiter tour à tour 2 cayucos. Nous avons offert des bonbons aux enfants mais attention, les femmes en demandent elles aussi.

La baignade sera bienvenue, bonne fin de journée.

Marianne

Position

  9 32.740 N

078 53.905 W

Tiatup, Lemon Cays, San Blas, Panama

 

Mercredi 28 septembre 2005, il est 09h58 à Chichime, San Blas, Panama

Bonjour à tous,

D'abord un GRAND merci à ceux qui m'ont écrit. Je ne vous dirai jamais assez à quel point ces messages me font plaisir ! Compte tenu de nos occupations actuelles, je n'ai pas encore pris le temps de répondre à chacun mais je le ferai ce n'est qu'une question de temps !

Ce matin, nous avons décidé de ne pas bouger aujourd'hui afin d'être un peu plus tranquilles. Je vous raconte notre journée d'hier et vous comprendrez mieux ! Nous voulions faire du pain, il en est à sa première levée, je veux écrire, Gaétan veut retourner en apnée et moi j'ai aussi un travail de " bricolage " que j'aimerais terminer etc. Nous manquerons de temps bien sûr mais l'atmosphère est très relax nous nous sentons en vacances !

Alors, voici les détails de notre journée d'hier, mardi.

Nous étions à Lemon Cays et à l'heure du déjeuner un cayuco motorisé vient nous accoster, un monsieur, une dame qui est sa soeur, une jeune fille et 2 jeunes garçons. Le monsieur a une carte d'affaire. Il s'agit de VENACIO RESTREPO, MASTER MOLA MAKER alors c'est du sérieux ! Nous lui disons bien gentiment que nous avons déjà acheté ce dont nous avons besoin mais il insiste pour nous présenter ses molas qui, selon ses dires, sont de bien plus grande qualité que ce que nous avons pu trouver à Porvenir. La compétition est grande. Nous lui répétons que nous ne sommes pas acheteurs mais c'est déjà parti. Il déballe la marchandise. Nous leur offrons un café puisque nous en sommes là, et des bonbons pour les enfants qui les apprécient beaucoup. Ce monsieur est couvert d'or et les deux dames aussi. On voit bien que nous n'avons pas affaire à la même " classe " de gens. Ses molas sont belles mais pas plus ni moins que ceux que nous avons vues à Porvenir. La différence, ses prix sont bien plus élevés et ce n'est qu'à la toute fin qu'il envisage de les baisser un peu voyant que nous sommes inflexibles. Mais nous maintenons notre position et ils repartent. Il nous a dit dans un bon anglais qu'il venait de faire une heure de moteur pour venir nous voir mais que pouvons nous lui répondre? De notre côté, nous n'avons rien demandé. Ce n'est pas toujours facile de dire non !

Nous sommes à l'intérieur en train de terminer notre routine du matin lorsque Gaétan entend quelque chose à l'extérieur. Un monsieur seul dans son cayuco. Il vient nous proposer un beau gros crabe et une minuscule langouste. Nous lui achetons le crabe pour 3$ le prix qu'il nous a demandé et nous lui disons non pour la langouste car elle est bien trop petite et nous avons entendu dire que les gens de bateaux refusent de plus en plus ces langoustes pour que les Kunas sachent qu'il n'est pas bon de les prendre si petites. Il vaut mieux attendre qu'elles soient plus grosses sinon personne n'en voudra. Et s'ils continuent comme cela de toute façon il n'y en aura bientôt plus aucune !

Alors Gaétan s'occupe de faire cuire le crabe. Je déteste cette étape. Pendant que je suis occupée à la salle de bain, il vient me prévenir de ne pas revenir tout de suite à la cuisine car il y a des bruits qui viennent du presto ( cocotte minute) que je n'aimerais pas entendre ! Bon une fois que cette étape est terminée nous le mettons à refroidir en même temps qu'une bouteille de vin blanc. Il y a donc un bon souper en perspective ! Et nous finissons par être prêts à lever l'ancre pour un autre saut de puce. Avec le soleil un peu plus haut, il est facile de trouver notre route à travers les têtes de corail. Nous venons jeter l'ancre dans un véritable coin de paradis, un décor carte postale à vous couper le souffle !

L'ancre n'est pas encore crochetée, le moteur tourne, nous sommes aux manoeuvres mais qu'à cela ne tienne 3 cayucos sont déjà sur nous et les femmes et un jeune homme tentent de nous faire voir leur marchandise : DES MOLAS ! Gaétan termine les tâches d'arrivée et moi je tente de repousser tout ce beau monde ! Il y a toutefois une mola qui retient mon attention et je tente une toute petite négociation avec la jeune fille qui ne déroge pas de son prix.  Alors je dis non à tous et ils finissent par repartir ! OUF !

Je viens de laisser quelques minutes ma rédaction car le monsieur d'hier matin vient de revenir pour tenter de nous vendre quelque chose en ayant baissé ses prix ! Mais voilà je ne veux pas acheter tous les molas des San Blas; il faut qu'il en reste pour les autres !

De retour à notre journée d'hier, il fait une telle chaleur que nous nous assoyons pour déguster une bonne bière fraîche. Je vais ensuite à l'eau pendant que mon chum prépare un sandwich pour notre repas du midi.

Nous partons ensuite explorer les fonds marins en apnée. Gaétan tente de chasser un peu mais il y a très peu de poissons. Nous y passons une heure trente. J'étrenne mon nouveau wetsuit de 1 ml et mes nouvelles palmes sans chausson. Je suis très heureuse de mes nouvelles acquisitions. Gaétan a vu un requin dormeur et ne m'a pas prévenue car il sait que j'appréhende toujours leur rencontre.

De retour au bateau, Gaétan rince tout le matériel pendant que je me la coule douce en restant dans l'eau mais pas pour très longtemps car nous avons de nouveau la visite d'une famille complète. Papa, maman, jeune fille, 2 garçons et un bébé. Ils sont venus accompagner la jeune fille qui a eu vent de notre tentative du matin pour faire un échange et elle arrive avec ses quelques molas en demandant des vêtements américains. Je sors de l'eau et viens lui montrer ce que j'ai à offrir. Elle prend un maillot de bain, un vêtement d'exercice et me demande du riz, du sucre, et du café. Je lui prépare une quantité raisonnable de chaque chose et elle m'offre de choisir une mola en échange. Nous sommes très satisfaites toutes les deux. Pendant que nous regardions tout cela Gaétan a offert des bonbons aux enfants et cela semble toujours très apprécié.

Bon, nous voilà avec trois molas mais ce n'est pas terminé !

Je retourne à l'eau et avant que Gaétan ne se décide à me suivre un autre monsieur vient nous voir et demande si nous avons des jumelles. Gaétan répond oui avec un peu d'hésitation. Que peut bien vouloir ce monsieur ? Il parle anglais et nous explique sa vie et nous dit qu'aujourd'hui il attend un bateau ami qui doit venir le prendre pour l'amener à Colon et il doit revenir avec ce même bateau 1 semaine plus tard. Le bateau est bleu et grand et comme il a vu des voiles à l'horizon, il se demande si c'est l'ami ? Il regarde plusieurs fois dans les jumelles. Gaétan lui offre une bière mais il préfère un coca, alors c'est parti ! Il voit un sac de déchets et nous demande ce que nous en ferons. Nous ne le savons pas puisqu'il n'y a aucun endroit pour les déposer.  Il nous propose de s'en charger car il a vu qu'il y a des cannettes de bière et de coca à l'intérieur et il désire les récupérer parce qu'il les vend pour l'aluminium. Comme j'en ai assez de patauger, je sors de l'eau et je vais prendre une douche. Le monsieur repart confiant qu'il s'agit de son bateau ami.

Je sors à peine de la douche que Gaétan vient me voir pour me dire que nous avons  une autre visite. Il s'agit de LISA qui lui a remis sa carte d'affaire et veux me voir.

Lisa est presque une légende ! Nous en avons beaucoup entendu parler et nous ne pensions pas la ou le rencontrer car il ou elle habite plus au centre de l'archipel. Mais voilà, il est en visite chez des parents à l'île juste à côté. Il est accompagné de 2 jeunes garçons et a une barque motorisée, ce qui n'est pas rien par ici. Bien entendu il est là pour, devinez un peu … nous vendre ses molas ! Nous lui disons que nous avons beaucoup entendu parler de lui, d'elle enfin il est si difficile de le définir ! Mais nous lui disons que nous avons ce qu'il nous faut et qu'il est très peu probable que nous lui achetions quelque chose. Ce n'est absolument pas grave. Il accepte de monter à bord et de nous présenter ses oeuvres d'art car, en matière de mola beaucoup vous diront qu'il est le maître ! Nous regardons plus ou moins rapidement ce qu'il nous présente avec beaucoup d'explications en anglais que nous apprécions beaucoup et bien entendu une mola retient mon attention. Je demande le prix et c'est bien plus que ce que je ne suis prête à y mettre alors nous mettons un terme assez rapidement à la rencontre (c'est ce que nous croyons !)  Mais comme les nouvelles semblent se propager à une vitesse folle malgré l'absence de moyen de communication, il remet toutes ses choses en place. À notre grande surprise il nous demande si nous voulons échanger des choses contre une de ses molas !!! Nous nous étions laisser dire que les Kunas ne le faisait jamais, mais voilà qu'en une seule journée, nous y arrivons à deux reprises. Elle demande des draps. Je n'en ai pas à offrir. Une serviette de bain, ça oui; du parfum, j'ai quelque chose et elle choisi dans mon sac à surprise quelques petits articles et nous voici avec un véritable LISA signé ! Je le ferai encadrer et le conserverai en souvenir. On ne sait jamais, peut-être prendra-t-il de la valeur !

Voilà un peu d'explications, celles qu'on nous a racontées sur le phénomène LISA. Chez les Kunas, la femme a beaucoup d'importance et lorsque dans une famille il n'y a pas de fille, un garçon est élevé comme telle et reçoit l'éducation d'une fille. C'est ce qui s'est produit pour LISA. Alors, physiquement il est difficile de le définir car les Kunas ont en général des traits assez fins et lorsqu'un homme se maquille et se coiffe comme une femme, il est assez facile de s'y méprendre.

Bon il est tard lorsque LiSA repart avec son butin, nous sommes heureux de cette journée remplie de rebondissements. Le bateau est tout en fouillis puisque nous avons brassé beaucoup d'affaires sans prendre le temps de nous ramasser. Mais là, c'est l'heure de l'apéro et de notre excellent souper de crabe que nous préparons en salade avec riz, c'est excellent.

Nous nous couchons quelque peu étourdis par tout ce tournis mais satisfaits de nos aventures.

À bientôt, après une journée plus tranquille… peut-être !

Marianne

POSITION

  9 35 281 N

078 52.885 W

Chichime, San Blas, Panama