Mai 2004

Dimanche, 2 mai 2004

Bonjour à tous,

Nous avons quitté la baie de Santiago de Cuba à 09h50 ce matin.

Nous avons beaucoup aimé cette ville et ses habitants à l'exception des "coureurs de touristes".

À bientôt,

Dimanche, 2 mai 2004

Nous avons quitté la Bahia de SANTIAGO ce matin à 09h50 et il est actuellement 17h30 et nous jetons l'ance à Bahia de CHIVIRICO.

Il fait soleil et le mercure indique 31.7 degrés dans le bateau.

Tout va bien.

À bientôt

Lundi, 3 mai 2004

Bonjour à tous,

Nous avons quitté Bahia de CHIVIRICO ce matin à 0800 et nous sommes  à MAREA DEL PORTILLO, il est 17h50.

Nous attendons actuellement la guarda.

Nous sommes toujours en compagnie de Cécile et Michel du PÉROUGES.

Aujourd'hui nous avons eu un moment de grande excitation lorsqu'une de nos lignes nous a fait voir que nous avions un poisson au bout, mais quelques instants plus tard ce fut la déception car un requin a été plus rapide que nous et ne nous a laissé que la tête de notre magnifique prise de la famille des thons !!!

Position   19 54.815

          077 11.063

MAREA DEL PORTILLO

Bonjour à tous,

Je vous envoie une copie du journal de bord de Pérouges avec qui nous avons partagé ces quelques jours, puisque de mon côté je n'ai pas pris le temps d'écrire et que son journal est très fidèle à ce que nous avons partagé. Je me permets cet envoi.

à bientôt

2 mai 2004 - Santiago de Cuba - Chivirico

Météo   

Vent modéré 10-15 nœuds de l'est. ensoleillé et chaud

10H15 départ

Après le passage du capitaine du port qui nous émet notre dispacio (cruising permit) et une dernière visite du bateau... même le puit d'ancre est inspecté... nous larguons les amarres et sortons de la baie de Santiago.

Cette sortie est vraiment magnifique. Étroite, encaissé, elle est gardée par le fort El Morro qui lui donne une allure majestueuse.

Sitôt sorti, le vent n'est pas tout à fait au rendez vous. Donc nous continuons au moteur. Alégria II envoie son génois et je lui demande où il voit du vent !? Chacun ses secrets !

Le vent commence à se matérialiser de l'est. J'envoie le spi. Après tout, il n'est prévu que 15 nœuds. Ca va marcher !

Effectivement, le bateau accélère en même temps que le vent. Nous marchons à 6,5-7 noeuds. Le vent forcit encore et lève une petite houle de trois quart arrière qui déséquilibre le bateau. Il a tendance à partir au lof et il faut être attentif. Le bateau avance plein pot à plus de 7 nœuds. Nous sommes côte à côte avec Alégria II. C'est la première fois que nous naviguons ensemble. À priori, nous avons 15-20 nœuds au grand largue. C'est un peu fort. Alégria II marche fort, au spi également. Au bout de 2 heures de ce régime, sur une vague un peu plus traître, le bateau part au lof et je ne peux le contrer. J'envoie le génois pour déventer le spi et maintenir de la vitesse. J'affale le spi dans la foulée.

Le vent passe maintenant au sud. Plein travers pour nous. 8 à 10 nœuds. C'est parfait, j'envoie la grand voile et le bateau repart gaiement. 4,5-5 nœuds. Nous rattrapons aisément Alégria II qui peine dans si peu de vent.

Puis le vent tombe complètement et nous finirons au moteur.

L'entrée de Chivirico est un peu délicate, proche de la terre entre 2 récifs de corail. Mais les alignements sont précis et le guide également. Nous entrons sans difficulté dans cette magnifique petite baie super bien protégée, entourée de hautes collines. Nous nous ancrons dans 2,5 mètres d'eau. La guarda frontera est déjà présente à nous attendre. Il attend patiemment dans sa barque avec le pêcheur qu'il a réquisitionné pour l'occasion, le temps que nous terminions nos manœuvres. Il est jeune et courtois. Il nous demande notre permis et le vise. Petit tour de routine dans le bateau et il s'en va voir Alégria II.

Dans cet abri, le vent absent et la chaleur, nous dégoulinons de sueur. Nous nous ruons sur une bière fraîche. Gaétan nous appelle... c'est l'heure du Mojito sur Alégria II.   

Chivirico

19o 58.14' N

076o 24.14' W

3 mai 2004 - Chivirico - Marea del Portillo

Météo   

Vent modéré 10-15 noeuds de l'est faiblissant en après midi. ensoleillé et chaud

7H45 départ

Face au soleil, nous faisons en sens inverse l'entrée de la veille. Pas de vent, mer plate, la sortie est facile. Nous reprenons l'alignement pour sortir, puis nous retrouvons notre route GPS en direction de Marea del Portillo.

Il n'y a pas un souffle de vent. La houle est légère et balance le bateau de temps à autre.

Nous ferons quelques essais divers de mise à la voile, mais aucune ne sera couronnée de succès, et c'est majoritairement au moteur que nous ferons les 45 miles qui nous séparent de Marea del Portillo. Comme nous ne voulons pas rentrer à la nuit, une vitesse moyenne de 5 nœuds est nécessaire.

Loin devant nous, Alegria a hissé toutes ses voiles et s'en va allègrement !

Les lignes de pêches sont à l'eau. A la fortune du pot !

Notre destination est en vue. La radio retentit. C'est Marianne qui, déçue, nous apprend que leur pêche a aussi intéressé un requin. Il ne reste plus que la tête au bout de l'hameçon! Mais quelle tête... ! et surtout quel coup de dent. Le thon devait faire 10 kilos environ. Il a été sectionné net, pas arraché, juste derrière la tête. la chair est tranché comme au rasoir. Impressionnant!

Ce soir souper et party sur Alegria II. Tout le monde a revêtu son plus beau paréo et la cuisine est commune. Gaétan a réussi à extraire notre souper de sa tête (celle du poisson!). Nous faisons un excellent souper que nous terminons sur une note cubaine: cigare et rhum.

La guarda frontera n'est toujours pas venue nous rendre visite. Surprenant. Peut-être demain matin.

Une barque s'approche doucement vers minuit.

"Hola amigos!"

2 pêcheurs viennent discrètement nous offrir quelques fruits en cadeau et demandent en contrepartie, sur un papier maladroitement écrit en anglais, du savon, des tee shirts, du papier, et un peu d'argent. Nous leur refusons l'argent mais Marianne leur a préparé un sac dans lequel figurent plusieurs de ces produits. Bonne récolte pour eux. Ils nous expliquent d'être discret à terre car des voisins pourraient les dénoncer et ils risquent 8 à 10 ans de prison pour s'être approché d'un bateau étranger. Ils nous donnent rendez vous demain matin pour de la laitue, des œufs et du lait frais. Aubaine pour nous également.

Marea Del Portillo

19o 54.85' N

077o 11.03' W

4 mai 2004 - Marea del Portillo

Pas de départ aujourd'hui, nous visitons les alentours et les villageois.

La guarda Frontera fait le pied de grue depuis quelque temps sur le quai. Ils n'ont pas d'embarcation et sont tributaires de l'auxiliaire ... dont la barque est en mauvais état et repose, retournée, sur la plage. Gaétan les a vus et va les chercher. Formalités rapides et ils repartent. Ils ont hâte car il fait très chaud et il n'y a pas de vent.

Nous allons à terre. Plusieurs personnes sont déjà autour de nous. Nous respectons l'ordre des premiers venus et allons chercher, des oeufs et des citrons verts chez l'un que nous payons en pesos et tee shirt, et de la laitue chez l'autre, que nous avons déjà payé hier en cadeaux divers. Lorsque nous demandons les prix, ils sont maladroits. Soit ils n'ont pas l'habitude, soit ce que nous allons leur offrir dépasse de beaucoup ce qu'ils pouvaient espérer. Nous faisons attention de ne pas trop nous comporter en touriste ignorant et payons le plus possible le juste prix proche du prix cubain.

La recherche de l'approvisionnement est un jeu de piste. Il n'y a pas un magasin qui détient de tout. Nous obtenons d'autres oeufs chez un autre, des concombres ailleurs, plus loin, plus rare encore car la sécheresse sévit depuis plusieurs mois, nous bénéficions de lait frais tout juste sorti de la traite que nous transférons directement du seau. Le paysan ne sait pas quoi nous demander. Nous reviendrons demain car nous n'avons pas d'argent immédiatement. 

Nous faisons connaissance de Joséfina. Jean Pierre et Colette de Safina nous en ont parlé auparavant. C'est justement elle dont la barque gît sur la plage en mauvais état. Elle a besoin de peinture et c'est difficile car on ne peut s'en procurer qu'en dollar et cela revient très cher. J'en avais justement acheté avant de partir de la république dominicaine. Je lui amène discrètement. Ses yeux brillent. Ce ne sont pas de grandes effusions car les cubains sont plutôt fiers me semble-t-il.

Elle sait que c'est un gros cadeau. Il n'est bien sûr pas question de lui faire payer. Elle passera le reste de la journée avec nous, en direction d'une petite chute d'eau qui se termine dans un bassin où nous pouvons nous baigner.

Quel délice! C'est la première baignade en eau douce depuis des mois. Des cubains sont présents. Ils nous demandent d'où nous venons et nous découvrons que le frère d'un des baigneurs travaille dans un grand hôtel à Montréal grâce à son mariage avec une canadienne. Leur bouteille de rhum circule facilement et nous en profitons. L'ambiance est bon enfant. Dans la chaleur de l'après midi, cette baignade est vraiment la bienvenue.

La guarda revient, penaude, s'excusant... dans leur hâte, ils ont oublié de nous poser certaines questions. Ils sont jeunes et se rapportent à leur supérieur à distance. Nous leur avons posé des questions sur nos destinations futures qui dépassent leurs instructions... tout un challenge, mais c'est intéressant de chercher les limites du système.

La baie de Marea Del Portillo est partagée en 2. D'un côté les hôtels pour touristes principalement canadiens et allemands et de l'autre le village cubain. En saison, la majorité des habitants travaille pour les hôtels. La vie est plus difficile le reste du temps car il n'y a plus de transport, ni de revenus. La sécheresse passée n'aide pas non plus.Nous apprenons qu'il y a environ 4-5 bateaux qui passent chaque semaine. Cela fait près de 200 bateaux qui s'arrêtent ici.

Les villageois ont vite appris que les bateaux amènent des touristes qui offrent facilement des cadeaux. Mais il faut être dans les premiers car ensuite la distribution s'arrête. En effet, tous les touristes qui affluent vers Cuba se munissent qui de savon, qui de cadeaux pour les enfants, qui de stylo, de Tee shirt, etc...Mais ici, la sollicitation est moins agressante qu'en ville, moins ostensible. On peut remarquer facilement la trace des différentes nationalités qui se sont succédées par les imprimés sur les tee shirts et les objets dans les maisons. Il y a même un sapin de noël chez Joséfina!

Nous remarquons également une photo en compagnie de touristes. Elle nous explique que ce sont des canadiens de Hamilton: ses bienfaiteurs. Grâce à eux elle a la télévision et un ventilateur de plafond. Ce n'est pas la première fois que je constate ce fait. C'est comme si chaque famille avait un mécène étranger.

Un sentiment indéfinissable de malaise m'envahit. Je repense au discours de Fidel Castro le 1er mai et le commentaire du présentateur à la TV sur la révolution :"Notre révolution est la révolution de tous". J'imagine qu'il faut le rappeler de temps en temps. Au fait, la révolution... mais contre qui? Contre Batista à l'époque et les intérêts américains. Donc un peu nous en fait!

Nous préparons notre excursion de demain avec un autre paysan qui a des chevaux. Le prix annoncé est de 5US$ de l'heure. Nous trouvons cela exorbitant. Devant notre moue désappointé, il se ravise et nous offre 10 Pesos cubain de l'heure. Voilà qui est raisonnable et dans nos cordes ! l'affaire est conclue.

Nous repartons vers les bateaux, avec nos sacs remplis de bananes, de mangues et d'œufs venant des poules de Joséfina. Nous avons également fait le plein d'eau avec un de nos bidons à partir de leur réservoir. Ils n'ont pas l'eau courante. Elle est distribuée par citerne tous les 2 jours.

Nous passerons la soirée tranquillement dans nos maisons respectives jouissant du calme de cette fin de soirée. Cécile se fait un lait chaud avec un bâton de cannelle de la République Dominicaine. Quelle saveur! La pleine lune se lève et inonde la baie de son rayon argenté. C'est le temps d'une petite douche rapide et d'un cigare... cubain! Demain, journée d'équitation en montagne.   

5 mai 2004 - Marea del Portillo

Juste avant notre départ, nous observons le retour des pêcheurs. Aujourd'hui ils ont un lift car un de leur collègue a une barque à moteur. La pêche se rend chez Joséfina car elle achète le poisson pour le gouvernement et le revend à la population au prix de 12 à 16 pesos le kilo en fonction de la qualité.

La guarda frontera est présente. Sachant que nous voulions partir en excursion, ils nous avaient demandé que l’un de nous reste pour surveiller les bateaux. Devant notre refus catégorique, ce sont eux qui vont faire le travail(nous le leur avions suggéré aussi!),

Notre guide est à l'heure et nous faisons connaissance avec notre équipage. En route! Pendant plus de 2 heures, nous suivons un sentier escarpé dans l'arrière pays. Nous sommes dans la Sierra Maestra, province de Granma. Elle fut nommée ainsi après la révolution en souvenir du bateau avec lequel Fidel a débarqué dans cette province à quelques kilomètres d'ici. La campagne est magnifique, mais plutôt aride. Rien à voir avec la végétation luxuriante de la République Dominicaine. Nous suivons les contours du barrage puis empruntons le lit d'une petite rivière pour aller rejoindre la cascade et son bassin, but de notre expédition. A mesure que nous nous élevons, nous découvrons des perspectives nouvelles avec la mer en toile de fond. Magnifique! Nous avons tous l'air d'explorateurs nous enfonçant en territoire vierge... presque.

Presque, car nous découvrons à notre arrivée qu'il y a toute une installation permettant de nourrir une trentaine de touristes, avec barbecue, tables et bancs, et toilettes aménagées. Ce confort est tout de même bienvenue pour nos filles. Au fond de ce vallon sans air, la chaleur commence à être accablante. Il nous reste 15mn de marche vers la cascade et le bassin.

Un petit filet d'eau perle sur la roche dans une eau jaunâtre. D'habitude ce n'est pas comme cela, c'est beaucoup plus clair nous explique notre guide. Il n'a vraiment pas plu depuis longtemps. Je me hasarde tout de même à me baigner et cela fait du bien après cette petite chevauchée.

Retour aux chevaux et nous reprenons le chemin de la descente. Ils se sont bien reposés et sentent le chemin du retour. Ils sont tout fringants! Peut-être est-ce le dessert de mangues que nous leur avons offert qui les a mis dans de bonnes dispositions. Marianne aussi a des ailes. D'abord hésitante si ce n'était réticente, elle y prend un réel plaisir et se débrouille comme une habituée. Il semble qu'il y ait eu toute une conversation entre elle et son cheval. Difficile de dire lequel est le plus débridé!

Nous repassons devant une ferme. Le fermier finit juste de traire sa vache et nous en recevons un litre directement. Il nous invite au café dans sa maison. Elle est très propre et coquette. Les meubles ont été réalisés ici dans l'atelier voisin qui sert d'ébénisterie. Les meubles sont même vernis.

De retour chez Joséfina, terminus de notre excursion, nous prenons une douche d'eau fraîche au dehors. Super! pas de problème d'eau, le robinet coule justement en ce moment et ils sont entrain de remplir leurs réservoirs.

Joséfina a aussi préparé un repas de riz et haricot rouge, banane plantain frite et poisson frit. C'est bienvenu et nous dévorons.

Vient le moment de payer l'excursion. Des pesos Cubains... non pas vraiment,... je préfèrerais des dollars.

J'avais dit 10 pesos de l'heure, en fait c'était 10$US par cheval pour la randonnée. Bon! C'était tout de même super et nous acceptons malgré tout. Nous soupçonnons qu'il s'est fait briefé après notre départ de la veille sur les possibilités des touristes.

Une dame apparaît. Elle a des poulets à vendre. Joséfina accepte de les préparer si nous voulons lui acheter. Combien en veut-elle? La même moue indécise. Cela m'agace un petit peu. Ce n'est tout de même pas la première fois qu'elle vend un poulet. Nous nous mettons d'accord sur un Tee shirt. Même si c'est beaucoup, nous nous disons aussi que ce n'est pas vraiment une transaction commerciale. Comme nous n'en avons pas, nous devons retourner au bateau. De retour, ce n'est plus un tee shirt, mais des dollars qu'elle voudra pour son deuxième poulet! Ils apprennent vite. Dommage! 

La guarda est encore présente, à l'ombre des arbres... Merci!

Nous retournons enfin au bateau et nous écrasons, meurtris, sur Pérouges afin de fêter cette randonnée, la réconciliation de Marianne et du cheval, Cuba, les cigares et le rhum!

Marea Del Portillo

19o 54.85' N

077o 11.03' W

Samedi, 8 mai 2004

Bonsoir à tous.

Nous avons quitté Las Coloradas, vendredi matin à 8h45 et nous avons navigué toute la journée, la nuit de vendredi à samedi et nous venons de jeter l'ancre à Bahia de Casilda tout près de la ville de Trinidad. Il est 17h30.

Nous avons laissé Cécile et Michel de Pérouges qui, de leur côté, ferons les Îles de la Reine à leur rythme.

Nous avons fait ce bout de chemin d'un trait car malheureusement j'ai toujours ce problème d'oreilles et dès demain je tenterai de voir un médecin. Il y a un grand hôtel tout près de la marina. Nous commencerons par là et nous nous ferons diriger vers un spécialiste si possible à Trinidad, si non nous verrons la possibilité de nous rendre à la Havane. À suivre....

Position  21 44.216N

         079 59.710W 

Dimanche 9 mai 2004

Bonjour à vous tous,

Ce matin nous avons parlé à nos Mamans par l'entremise du réseau du capitaine. C'est André ( Merci beaucoup)qui a fait le " phone patch ". Je crois que les 2 mamans étaient contentes et surprises de notre appel.

Après le déjeuner et un peu de ménage qui s'impose toujours après plusieurs heures de navigation, nous avons pris la direction de l'Hôtel ANCON où nous avons eu la chance de rencontrer une femme médecin et une infirmière qui parlaient très bien anglais. Nous leur avons tout expliqué le mieux possible ce que j'ai vécu avec mes oreilles depuis le mois de janvier.

Le médecin a recommandé que je cesse complètement de mettre quoi que ce soit dans mes oreilles pour 3 jours et mardi en fin de journée je dois me rendre à l'hôpital international de Trinidad où elle sera présente ( possiblement avec le spécialiste). Là, il  devrait faire un prélèvement de ce qui est dans mon oreille et le faire analyser. Cela prendra 3-4 jours pour avoir des résultats peut-être plus s'il y a quelque chose à cultiver !

À partir des résultats, ils décideront du traitement.

En après-midi Gaétan a changé les pentures d'une des vitres du dodger, ce qui sera grandement apprécié lorsque nous serons à l'ancre, ayant ainsi plus d'air dans le cockpit.

De mon côté j'ai fini 2 drapeaux pour les Îles Cayman et j'en ai fait un du Québec pour que nous affichions nos couleurs.

Pour souper nous avons mélangé les saveurs et le résultat était assez bien : viande à tourtière de Guylaine (pot Masson), bananes plantains frites et salade verte, un délice.

Voilà pour aujourd'hui.

Mardi, 11 mai 2004

07H45 nous prenons l'autobus pour nous rendre à Trinidad sur le chemin des Hôtels qui longe la péninsule. Pourquoi si tôt, après tout mon rendez-vous n'est qu'en fin de journée ? Parce qu'il n'y a pas d'autre transport pour cette ville dans la journée. Pour les Cubains le prix de passage est de 1 peso mais pour les touristes c'est 1 $ US, partout oÙ le " touriste " peut apporter des $$$, ils ne se gênent pas !

En ville nous trouvons d'abord la grande place. Nous assistons à la rentrée à l'école d'un groupe de jeunes enfants. Il y a plusieurs mamans venues conduire les petits qui sont en rang et font les exercices matinaux avant le début des classes. Ils sont tous en uniforme et il y a une belle ambiance. Ils rient, dansent, et le tout avec une belle discipline. Moi qui aimais tant l'école ça me rappelle de beaux souvenirs.

Nous demandons notre chemin pour trouver le marché de légumes. Nous y achetons, des  tomates, des piments, des concombres, des carottes, une papaye, des oignons rouges et nous remarquons que les prix ici sont plus élevés qu'à Santiago. Il est un peu tôt et nous savons que nous devrons porter tout cela pour la journée mais comme je vous l'ai déjà expliqué, lorsque l'on trouve ce dont on a besoin, il faut l'acheter sur le moment car ce n'est pas du tout comme au Québec ici les gens viennent vendre leur maigre production et quand c'est fini, il n'y en pas d'autre.

Nous retournons sur la grande place et nous trouvons la maison de change pour changer des $$$US en pesos. Nous obtenons 26 pesos pour 1 $.

Gaétan achète d'autres cigares, ceux qui sont vendus aux cubains. Il les a goûtés et les trouve très bien alors pour 1 peso le cigare, il se lance à la dépense ! À Santiago nous avions aussi trouvé un endroit pour acheter le rhum avec nos propres bouteilles ce qui revenait à un très bon prix mais cela n'existe pas à Trinidad.

Nous marchons beaucoup et découvrons enfin la veille ville. Les rues sont pavées de pierres et les maisons sont très vielles. Nous sentons les Cubains présents aux touristes et près à nous vendre n'importe quoi, ou au moins à obtenir des $$$ à n'importe quel prix !

En marchant nous arrivons sans l'avoir prévu… à une rue piétonnière où sont installés plusieurs kiosques de produits touristiques à vendre. Des bijoux en écaille de tortue, en corail noir  et autres, des boîtes de dominos magnifiques et autres objets en bois exotique, des vêtements faits au crochet et de belles nappes brodées à la main. Il y a aussi des chapeaux de paille et je m'en achète un magnifique pour 4 $US. C'est un peu cher mais il me plait. Nous terminons cette tournée par une petite rue qui nous fait beaucoup penser à la rue du Trésor à Québec… Tout le long de ce parcours, il y a bien sûr des vendeurs de tout qui nous abordent et nous devons dire non bien souvent à tout ce beau monde.

Nous visitons une belle cathédrale et aurions aimé visiter 2  ou  3 endroits particuliers mais comme on nous demande chaque fois des $$$ nous nous contentons de voir l'extérieur.

Arrive midi et le cri du ventre se fait sentir. Nous redescendons dans la partie plus récente de la ville car dans la vielle partie il n'y a que des restos pour touristes en $$$US et c’est pas donné. Nous nous voulons aller là où vont les Cubains. Nous ne réussissons pas à trouver un resto cubain alors nous nous contentons de mini pizzas vendues un peu partout avec une bière froide ce qui fait vraiment du bien car la chaleur à cette heure de la journée est vraiment intense. D'ailleurs ici la majorité des commerces ferment leurs portes de midi à 14h00 pour laisser passer cette période de grande chaleur. Gaétan ajoute à son repas un ou 2 cornets de crème glacée, elle est bonne et pour 1 peso pourquoi s'en passerait-il ?

Nous nous asseyons à l'ombre dans un parc le temps de fumer un cigare et d'observer la vie autour de nous.

Nous prenons enfin la direction de la clinique médicale pour touriste car ici il y a deux mondes, celui des cubains et celui des touristes. Le médecin que nous avions vu à l'hôtel arrive vers 16h00 et nous entrons dans son bureau et bien évidemment il n'y a pas de spécialiste !!

Elle nous explique que pour le test que je devais faire aujourd'hui ce ne sera pas possible car je dois être à jeun alors nous devrons revenir demain matin ce qui ne fait vraiment pas mon bonheur mais que voulez-vous ! Nous arrivons à nous comprendre mais nous devons chacun de notre côté faire un effort et Gaétan insiste pour la faire répéter les étapes à venir pour que nous ayons l'heure juste. Nous parlons " angnol " (anglais-espagnol) ! Elle n'avait même pas l'air de vouloir regarder mes oreilles et lorsque j'insiste, elle utilise une lampe et un simple petit cône avec quoi je suis certaine qu'elle ne peut évaluer la situation. Je demande alors son avis sur la possibilité pour moi de prendre un avion ce à quoi elle me dit que ce ne sera certainement pas nécessaire, ils vont trouver ce que j'ai et la façon de me guérir mais moi j'en doute beaucoup ! Nous lui avons expliqué ce que nous pensions qu'il y avait dans mes oreilles et elle nous a dit que cela est très fréquent et que dans ce cas, il serait normal qu'avec les antibiotiques je n'ai eu aucune amélioration. Bon au moins elle semble savoir de quoi on parle. Nous devrons donc faire confiance et voir la suite.

Nous nous informons de la possibilité de voir un dentiste et elle nous répond que demain après les prélèvements nous pourrons en voir un sans problème.

Nous payons cette visite $25.00US et elle nous produit immédiatement un reçu toute confiante que nous nous ne payons rien puisque nous avons très certainement des assurances. Avec une attitude qui nous fait penser que pour eux de toute façon nous avons tellement de ces beaux billets verts que plus ou moins de $$$ à payer ce n'est rien. Cette façon d'être perçus nous agace mais c'est le fait d'un très grand développement du tourisme comme première source de revenus ici à Cuba. Des touristes placés au-dessus de tout, qui sont entourés et continuellement pris en charge, on peut difficilement bouger le gros orteil sans que quelqu'un ne soit au courant. C'est vous dire à quel point ils nous surveillent et s'assurent que rien de fâcheux n'arrive à un touriste de peur de ternir leur réputation.

Une fois cette visite terminée nous tentons de trouver un moyen de rentrer. Nous avons droit à un retour en voiture privée pour la somme de 4 $$ ce qui nous semble raisonnable et très bienvenu car je suis épuisée de cette journée satisfaisante dans sa partie visite mais qui ne pas permis d'avancer dans le règlement de " mon " problème d'oreilles qui me font toujours mal…

Nous rentrons, nous payons une bonne bière froide et allons profiter de la douche de la marina. Nous nous préparons un souper et immédiatement après je vais dormir et c'est Gaétan qui s'occupe du reste.

Mercredi 12 mai 2004

Nous voilà de nouveau à l'autobus pour 07H45 et, dès notre arrivée en ville direction clinique.

Nous y revoyons le médecin et la personne qui est venue pour faire les prélèvements. Une fois cette étape franchie nous passons de nouveau à la caisse : 25 $$ chaque prélèvement facturé, 100$$US pour ces analyses et on paie à l'avance bien sûr. Les résultats devraient être disponibles dans 3 jours, encore une attente difficile mais pas le choix. Selon les résultats je verrai ou pas un O.R.L., à suivre….

La personne qui s'occupe de la caisse nous accompagne en ambulance chez le dentiste. Une fois sur place il y a énormément de personnes qui attendent mais nous passons devant tous. C'est extrêmement gênant mais pas moyen de contourner le système, une clinique de dentiste n'accepterait pas de nous recevoir comme les Cubains car pour eux ces soins sont gratuits.

Dans la salle où nous entrons, il y 2 chaises de dentiste et c'est une jeune femme qui s'occupera de moi. Au Québec une salle dans cette condition n'aurait certainement pas le droit d'être en opération. Tout est si vieux mais surtout sale ; il y a des champignons sur les murs et tous les équipements mériteraient un bon nettoyage.  Et je ne parle même pas de désinfection mais juste un bon lavage ce serait déjà une grande amélioration.

Ma dent qui s'est brisée a déjà eu un traitement de canal alors tout ce que je souhaite c'est une réparation qui la rendra moins coupante et plus fonctionnelle si possible. Heureusement je n'aurai pas besoin de recevoir d'injection, ouf ! De ouf ! Je vous en passe un papier !!! La jeune femme dentiste met des gants neufs pour moi car pour les autres patients, ils gardent les même gants et ne font que se laver les mains en s'essuyant tous avec la même serviette qui est certainement en service depuis fort longtemps. Elle va se chercher une chaise et part chercher un kit spécialement pour une touriste. J'avoue que là ça me rassure un peu car le matériel que j'ai vu sur sa table, ouf !

Elle commence le travail et elle est très nerveuse et moi aussi mais les choses semblent bien se dérouler. Elle ne porte pas de masque pas plus qu'il n'y a de système d'aspiration alors l'eau lui gicle au visage sans que cela ne semble la perturber outre mesure et pour moi il y en a aussi un peu partout. Je demande à Gaétan de me donner un kleenex car eux n'ont rien à m'offrir. Il faut cracher régulièrement, joli spectacle. Comme mon dentiste me manque !

Après plusieurs minutes qui me semblent interminables elle en a terminé et m'offre le minuscule miroir au bout de son instrument afin que je juge de son travail et ma foi cela a bonne allure…

De retour à la clinique, il y a encore cette facture à régler mais la demoiselle qui s'occupe de la caisse nous fait une faveur et au lieu de nous facturer le prix réel de cette réparation elle nous réduit le plus possible le prix de cette visite. Nous nous en sortons pour 30.00$US.

Nous sortons enfin de cette étape et nous retournons au marché afin d'y trouver des œufs si possible. Un premier monsieur en a mais refuse de nous en vendre. Un autre nous les vend à 2.5 pesos chacun. Nous en prenons 12. Les gens nous regardent avec étonnement, une dame à côté vient d'en acheter 3. La viande ici nous oublions cela, alors les œufs prennent plus de places mais ils sont souvent très difficiles à trouver.

Nous avons la chance de trouver un transport pour rentrer avant midi. Après le dîner je fais une petite sieste, les émotions du matin ont été assez exigeantes.

Il est actuellement 16h32, Gaétan revient du quai où il est allé faire une petite réparation.

Il fait très chaud nous irons probablement nous rafraîchir un peu et préparer tranquillement notre souper la journée ayant été assez remplie comme cela.

Vendredi, 14 mai 2004

Bonjour à vous, Juste quelques mots...

Nous avons eu des nouvelles cet après-midi des examens de laboratoire, il y a semble-t-il un " champignon " qui a pris demeure dans mes oreilles.

Nous saurons vers 20h00 ce soir à quel moment je pourrai voir un spécialiste. Nous avons évidemment demandé que ce soit le plus rapidement possible. Je ne sais pas si je dois me réjouir de cet intrus mais au moins les choses évolues et il me semble maintenant qu'il y a une lumière au bout du tunnel…

Si les choses se passent comme nous le souhaitons, je verrai peut-être ce spécialiste demain, on ne sait jamais !!

Je vous en dit plus dès que possible.

Samedi, 15 mai 2004, 06h30

Bonjour à tous,

Nous avons vu le spécialiste hier soir à 21h30. Il y a 2 choses dans mon oreille droite, l'autre est O.K. pour le moment.

Il ne voit pas si le tympan est perforé mais dit que probablement pas.

Il a fait un nettoyage douloureux et a appliqué une poudre, produit de sa composition, secret !

Je le revois ce soir à 21h00, il refera la même chose.

Je le verrai de nouveau mardi et ensuite j'aurai des gouttes.

Il est primordial que je ne sois pas au soleil et bien sûr pas d'eau dans mon oreille.  Pas facile....à Cuba, sur un bateau et au mois de mai...

Bon nous allons au marché de légumes ce matin, à plus tard.

Lundi, 24 mai 2004

Bonjour à vous tous,

Nous sommes toujours à Cuba.

Hier nous n'avons pas eu l'autorisation de sortir du pays à partir du port de Casilda près de Trinidad.

Nous sommes sortis de la baie et nous avons été nous ancrer dans une autre baie où nous n'avions pas de frais d'ancrage.

Nous sommes à Cienfuegos, ce qui nous pousse 45 miles environ plus à l'Ouest et nous éloigne donc des Îles Cayman, mais nous n'avons pas le choix.

Nous avons décidé d'y passer la journée de demain pour ne pas avoir trop l'impression d'avoir fait tout ce trajet pour rien.

Nous repartirons donc le 26 en fin de journée, en espérant ne pas avoir de problèmes pour quitter Cuba. C'est vraiment spécial tous ces contrôles et obligations. Nous ne sommes pas habitués à tout cela mais nous aimons toujours autant Cuba malgré ces inconvénients.

Il fait beau et chaud, 31.1 degrés dans le bateau.

Nous n'avions pas pris la mer depuis 2 semaines et ce matin j'étais un peu barbouillée…

À bientôt

Vendredi, 29 mai 2004

Bonjour à tous,

Il est 7h55 et nous venons d'arriver à Georgetown aux Îles Cayman. Nous n'avons pas encore fait nos douanes.

Nous avons eu une très belle traversée.

Nous avons quitté Cuba, Mercredi, 26 mai après midi vers 15h20.

Il fait toujours beau et très chaud la journée et la nuit aussi, le mercure indique 30.6 degrés au frais dans le bateau !!!

Je vois la température chez vous tous les jours, c'est fret en Ti-Ti. J'espère pour vous que le beau temps approche.

Nous ferons certainement un petit dodo avant d'aller à terre.

Demain, je vais cuisiner le gâteau d'anniversaire pour Gaétan qui aura 46 ans. C'est un gros gâteau au chocolat. Avec la chaleur je me demande comment je vais le conserver ? Mais habituellement, il se mange assez rapidement cela ne devrait pas être un gros problème !!!

À bientôt.

Position actuelle; 19 18.003N

                  081 23.133W

GEORGETOWN, GRAND CAYMAN

Lundi 31 mai 2004

Bonjour à vous tous,

MERCI pour vos souhaits d'anniversaire.

Je ne manque certainement de chaleur, ici aux Îles Cayman car le mercure est toujours au-dessus des 30 degrés Celsius mais les souhaits apportent une chaleur au cœur qu'il est bon d'avoir surtout lorsqu'on est loin de tous.

Merci d'avoir pensé à moi et d'avoir pris le temps de m'écrire.

Je profite au Max de notre nouveau mode de vie et espère pouvoir ainsi en profiter le plus longtemps possible.

À bientôt,

Gaétan