Février 2005

Mardi 1er février 2005, il est 09h20 au Guatemala.

Bonjour chez vous,

Ici ça sent les préparatifs pour reprendre la mer et la navigation. Il y a de la fébrilité dans l'air !!!!!!

Hier, j'ai fait du lavage, et j'ai nettoyé une par une les cannettes de bière et liqueur de 9 caisses et il a fallu les ranger !

Gaétan s'est occupé de nettoyer les réservoirs de fuel, il a rangé le " locker " en avant et les 2 en arrière.

Nous nous sommes arrêtés pour le souper vers 18h00 et ce sera comme cela jusqu'au départ .

Ce matin, il installe le nouvel ordi car jusqu'à maintenant tout était sur la table à carte. Bien sûr, nous ne pouvons prendre la mer comme cela.

Moi, j'ai ébouillanté 16 livres de tomates pour en faire de la sauce que je mettrai en conserve car les conserves ici et aux îles sont très chères mais aussi parce que cette recette de sauce est délicieuse d'autant plus que l'approvisionnement en légumes ici est bien plus facile qu'aux îles.

Et de votre côté ?

Bonne journée.

Mercredi 2 février 2005, il est 08h11 au Guatemala,

Bonjour à vous tous,

Merci à tous ceux qui m'ont répondu concernant l'envoi de la photo de notre nouveau Frigo.

Toutes mes excuses pour le désordre (que vous avez vu sur cette photo) derrière le frigo qui est dans la cabine  Tintin.

Ce n'est vraiment que TEMPORAIRE, nous revendrons ce frigo dès que notre frigo de bateau sera de nouveau en fonction. Le désordre aussi est temporaire !

Je suis désolée pour ceux qui n'ont pas été en mesure d'ouvrir l'attachement mais ce problème est probablement de votre côté.

Voici quelques précisions sur cette histoire de frigo car selon les questions de certaines personnes, il semble que ce ne soit pas clair.

Nous avons dans notre coin cuisine un réfrigérateur qui comporte une section fermée pour la congélation et une autre section pour la réfrigération. Ce beau système fonctionne normalement avec un compresseur sur le courrant 12 volts. C'est avec ce dernier que nous avons vécu toute notre saga depuis la fin juillet.

Nous avons changé à 2 reprises le compresseur et fait une multitude d'autres choses pour le remettre en fonction mais tout cela est demeuré sans succès.

Nous avons donc commandé une nouvelle unité complète qui nous sera livrée au Honduras.

Mais en attendant, nous ne voulions plus avoir à acheter de la glace tous les jours pour pouvoir conserver nos aliments dans notre frigo de bateau.

Nous avons alors décidé d'acheter un petit frigo de maison qui fonctionne avec du 110 volts. Nous devrons donc le faire fonctionner avec l' " inverter " une fois que nous aurons quitté le quai et gérer notre électricité en conséquence.

Voilà, à bientôt

Bonjour à vous tous,

Nos amis du Ciel et Mer, Réjane et Denis ont vécu une expérience que tous les marins redoutent mais pour eux, heureusement,  la conclusion est positive et nous en somme très heureux. Je voulais simplement la partager avec ceux qui nous suivent dans nos aventures.........

Un bonjour de l'ile de Utila.

La vie de bateau comporte certains risques mais ça fait ainsi quelque chose à raconter.

C'est ce qui constitue l'assaisonnement de notre périple. Prenez en connaissance en annexe n'en faites pas un drame, nous on a trouvé ça très

instructif nos meilleures salutations

 Denis et Rejane

Ciel & Mer

La fête de Lise

Nous n'avons pas aussitôt jeté l'ancre dans la rade de l'ile de  Utila (Honduras 16d05'N 86d54'W) que nous voila accueillis par un groupe de joyeux Québéçois, tous originaires ou  familiers avec la région de Mont-Laurier. Le premier qui vient à ma rencontre est Michel Flamant avec lequel j'ai ma petite école à Val-Barette. Il est en compagnie de sa conjointe Lorraine. je rencontre en suite Mario Plouffe, moniteur de plongée reconnu qui est installé ici depuis près d'une dizaine d'années. Enfin je retrouve Roger Bélanger et Lise Grenier avec lesquels j'avais rendez-vous ici, en cette fin de Janvier.

Réjane et moi tombons pile car Mario nous propose une excursion dans l'archipel des Cochinos pour le lendemain, à l'occasion de la fête de Lise. Cette excursion doit nous conduire à la petite Ile de Chachaguante où vit une communauté autochtone garifuna typique.

Pour cette sortie en mer de plus de 45km, Mario fournit l'embarcation mais fait appel à un couple d'amis. Jim est un marin aguerri qui connaît bien la route, agira en tant que capitaine et Maria, sa femme qui entretient de bonnes relations avec cette communauté, nous servira d'intermédiaire.

 Dès le lendemain matin, tout ce beau monde prend place dans le lourd doris de 37' équipé d'un puisant diésel qui le propulse à plus de 12 noeuds à travers les vagues. Après plus de deux heures de traversée, nous pénétrons dans l'archipel entre les deux principales Iles et découvrons un multitude de cayos dispersés dans un vaste banc de corail. Exactement le genre d'endroit qu'aucune carte postale n'arrive à rendre avec honnêteté.

Nous rejoignons notre petite île sablonneuse de 100pi par 400pi et nous y installons pour passer une agréable journée. Même si les installations semblent primaires, ils ont tout de même découvert les vertus de la bière fraîche.

Plus tard, nous sommes convoqués à la hutte à Betty, l'amie de Maria, où l'on nous offre de partager un repas traditionnel Garifuna. Nous participons tant bien que mal à l'élaboration de ce repas composé d'un poisson bouilli dans du lait de coco par convive accompagné d'une boule de plantain(sorte de banane non sucrée) qui a été longuement pilonnée dans un creuset de bois et d'une soupe de poisson dont elle a jalousement gardé la recette.

Comme c'est la fête de Lise, elle a droit en supplément à une superbe langouste à l'eau de mer pendant que Maria lui organise en cachette un spectacle à saveur authentiquement locale. À un moment donné deux gros tamtams et un joueur de conche(gros coquillage spiralé dont on a aménagé le bout en embouchure et qui donne quelques harmoniques à la façon d'une trompette) s'installent et presque tout le village se rassemble chez  Betty. C'est sur une musique rythmée que les femmes entonnent de leur voix limpides des chants dont l'inspiration chevauche entre le sexuel et le missionnaire. Chacun de nous est requis par les danseurs autochtones de présenter son numéro de danse sur le rythme obsessif de cette musique envoûtante ponctuée de joyeux éclats de rire.

Cette activité qui fini par nous exténuer nous permet de découvrir la gentillesse et la spontanéité de ce peuple insulaire. Quelques uns se reposent en hamac ou par un paresseux tour de l'île tandis que d'autres se laissent séduire par l'eau turquoise du lagon. Jim estime que la mer est restée acceptable  et comme il ne nous reste que trois heures avant la nuit il sonne le départ.

Après plus d'une heure de route, le profil de l'archipel commence à se confondre avec l'horizon et l'unique petite montagne de Utila vient de percer l'horizon. Le doris file a 20km/h en direction Est-Nord-Est, légèrement à droite du soleil et soulève des embruns qui salent copieusement les passagers.

Chacun de nous se protège comme il peut. Roger et Lise se sont enfouis dans l'étrave de l'embarcation. Réjane qui a en sainte horreur le port de vêtements salés a prévu le coup. Elle et moi présentons le dos aux embruns enveloppés dans de vieux ponchos imperméables jaunes datant de Québec 84. Lorraine et Michel ont eux aussi apporté des imperméables de dépannage mais Michel, dans sa magnanimité, a cédé le sien à Maria et encaisse, impassible, drapé d'une serviette mouillée. Maria est couchée sur le dernier banc emmitouflée de tout ce qu'elle a trouvé. J'ai compris par la suite, qu'elle adore rencontrer ses amis de l'île mais supporte très mal le voyage en mer. Cette position couchée lui permet de mieux supporter la traversée. Mario, pour sa part, somnole étendu sur le capot moteur à l'arrière. De cette façon, il évite les embruns et jouie des derniers rayons chauds du soleil.

  Seul Jim, notre capitaine fait face aux éléments , il se tient debout, trempé jusqu'aux os, la face brûlée par les affronts répétés de la mer et l'oeil plissé défiant un soleil de plus en plus arrogant. Peu de paroles s'échangent. Les regards perdus en disent long sur la préoccupation de chacun à vouloir incruster dans sa mémoire les images fraîches de cette journée fantastique. Tous ont fini par s'engourdir dans une position relativement confortable lorsque ...BANG!

Le doris fait une brutale embardée et retombe secoué par une vibration insupportable. Jim arrête  rapidement le moteur et tout redevient calme, un peu trop même. Ma première idée est que nous venons de percuter un récif de corail, mais, je me ravise rapidement me souvenant qu'aucun haut-fond menaçant n'est répertorié sur notre route dans les  cartes marines que j'ai consultées.

Rapidement, le coupable se manifeste sans gêne. C'est une énorme bille de bois (20' x 30"de dia) presque entièrement enfouie sous l'eau, dont la couleur grisâtre et les crevasse laissent deviner qu'elle dérive en mer depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois. Un court essai nous démontre que le moteur est inutilisable sous peine de détruire l'embarcation. L'arbre est plié à 30 degrés, l'hélice est un vrai chou-fleur et une partie du bateau a été entaillée. Des éclats de fibre de verre sont partis ça et là.

La  réponse à la question que tous se posent avec angoisse nous arrive de Mario qui ressort d'une inspection sommaire du compartiment moteur. Non, nous ne prenons pas l'eau. Ouf!  soulagement général. Le bilan de notre situation est rapidement établi: une radio VHF portative, deux GPS portatifs, deux lampes de poche, une réserve d'eau douce de 10L, trois bouteilles de liqueur et deux bouteilles d'eau, trois paquets de biscuits, une pastèque et une douzaine de belles langoustes encore vivantes dans un sac. Dans des conditions idéales nous pouvons facilement tenir 2 jours.

Les premiers essais à la VHF en vue de contacter les autorités ou, à la limite, n'importe qui, sont sans réponse. Pendant que les efforts se poursuivent en communication, je tente de mettre en place un système de voilure avec les autres. Deux ponchos sont tendus au mieux entre des mains et aussitôt, le GPS nous confirme que nous dérivons  à plus de 3km/heure direction d'Utila. Je ferme mon GPS pour ne le rallumer que plus tard afin d'obtenir une indication précise sur notre trajectoire de dérive. Les appels sans réponse ont cessé car il faut réserver nos batteries en attendant une situation plus propice.

Nous attendons le passage du Princess qui est le traversier qui relie l'ile d'Utila à la côte. Maria, qui est malade depuis un moment, relève la tête pour nous confier que le service régulier du Princess a cessé depuis quelques mois faute de passagers et que s'il n'est pas devant nous à l'heure qu'il est, c'est qu'il ne viendra pas... Le moral des naufragés commence a décliner comme le jour.

Quelqu'un fait remarquer qu'un bateau passe à environ 5km au sud de notre position. Mario nous confirme que c'est le traversier Galaxy qui relie le continent à l'île de Roatan. "PAN PAN PAN...." Nous tentons par tous le moyens de nous faire remarquer et de le contacter par radio. Peine perdue, celui-ci poursuit sa route, imperturbable, et finit par disparaître lentement.

Nous ajoutons une troisième voile constituée d'une perche et d'un hamac. Notre vitesse oscille maintenant entre 3 et 5km/h. Malheureusement, nous ne pouvons contrôler notre direction en l'absence de quille sur ce type d'embarcation et le GPS nous prédit que si le vent ne change pas, nous allons manquer l'extrémité ouest de l'île par environ 3km et ainsi s'aligner pour le large. A partir de cette nouvelle donnée, notre espoir est de laisser traîner l'ancre pour tenter de s'accrocher à l'un des nombreux hauts fonds coraliens qui s'étirent au large de la pointe ouest de l'île et qui en font sa célébrité. Accrochés là, nous pourrions facilement être rescapés par les nombreux plongeurs du lendemain.

La nuit est maintenant tombée et nous pouvons maintenant distinguer sur l'horizon sud, un chapelet de petites lumières qui scintillent, marquant le ville côtière de La Ceiba. Vers le nord-ouest, nous percevons parfaitement les lumières de l'agglomération principale de Utila et sur la pointe ouest le l'île, un édifice très illuminé que nous identifions à l'hôtel qui s'y trouve. Nous avons parcouru environ quatre kilomètres avec nos voiles de fortune, ce qui n'empêche pas le stress d'attaquer le moral de certains naufragés. L'état de Maria ne s'améliore pas, Lise a retourné sa langouste à la mer imitée par Lorraine qui n'a même pas pu garder la "gravol" que Réjane distribue assaisonnée de réconfort et d'encouragements.

Notre situation s'en trouve un peu plus compliquée. Les malades risquent de se déshydrater et ainsi nécessiter une double ration d'eau. Réjane me fait remarquer que l'hôtel du bout de l'île a changé de place. Je n'en tiens pas compte estimant que c'est notre position qui évolue et étant préoccupé par d'autres considérations. Il faut faire admettre calmement par tous que la nuit qui vient, nous la passerons à dériver en mer et que personne n'est menacé à court terme.

Réjane insiste et tous finissent par constater que ce que nous avions pris pour un gros hôtel illuminé se détache maintenant de l'île en direction est...! Force est de constater qu'il s'agit d'un paquebot de croisière faisant route vers l'île de Roatan. Nous estimons qu'il devrait passer à quelques cinq kilomètres au nord de notre position. Connaissant le professionnalisme des officiers de quart à la passerelle de tel bateaux et la  vigilance avec laquelle ils protègent les passagers, c'est par une chance inespérée qu'il s'en trouve un dans nos parages..

Même si je commence à douter des capacités de cette radio, il faut tout mettre en oeuvre pour cette ultime tentative. Michel et Lorraine me maintiennent debout sur un banc du doris ballotté, je tiens la radio le plus haut possible afin d'en maximiser la portée et:"MAYDAY MAYDAY MAYDAY FOR ANY BOAT CRUISING IN UTILA'S AREA... PLEASE ANSWER..." Si ce n'était du clapot de la mer, on pourrait entendre voler une mouche. Tous attendent avec anxiété le moindre signe de vie pouvant provenir de cette radio jusqu'alors obstinément muette.

C'est après un deuxième essai que nous parvient enfin une réponse d'une clareté déconcertante: "This is the Yorktown Clipper for the boat calling a mayday... can you specify the nature of your distress..." Nous avons alors droit à un interrogatoire en règle confirmant la compétence des officiers de quart: La description de l'embarcation, l'état des dommages, le nombre de personnes à bord, quelles sont nos ressources, de quels équipements disposent-t-on, notre position actuelle et enfin le nom de l'embarcation. C'est dans ce contexte que nous apprenons que nous sommes dorénavant les naufragés du "Lady Sherley"

Réjane commence à distribuer les biscuits au chocolat qui ne tombent désormais plus sous le coup du rationnement. Nous ne savons pas encore comment mais quelqu'un va venir nous chercher. On nous laisse entendre que l'on ne déroute pas facilement un bateau de cette taille mais ils travaillent sur les autorisations et étudient les fonds marins de notre position. Ils ont ensuite tenter de confier notre récupération à un bateau Mexicain mais celui-ci étant beaucoup plus loin a finalement refusé.

L'officier en charge multiplie les appels téléphoniques aux amis de notre capitaine sur l'île, espérant trouver quelqu'un pour venir nous rescaper. En observant l'évolution des feux de navigation, nous constatons que le paquebot a modifié sa route et se dirige maintenant droit sur nous à environ huit kilomètres. Nous allumons nos lampes stroboscopiques afin d'augmenter notre visibilité et pour apaiser les craintes de ceux qui nous voient déjà coupés en deux par le mastodonte. À environ trois km, ils allument un puissant phare installé tout en haut à l'avant. Ils nous éclairent et l'éteignent. Je présume qu'ils veulent nous signifier qu'ils savent parfaitement où nous sommes et tentent de nous rassurer.

Pendant ce temps, notre capitaine qui a pris l'affaire en main continue ses échanges avec le Yorktown Clipper. Il semble qu'il soit très difficile de rejoindre les propriétaires de bateaux qui auraient les compétences et l'équipement requis pour venir nous chercher à un point GPS donné en mer. Notre paquebot rallume soudain ses puissants phares, fait un crochet sur notre droite et vient délicatement s'arrêter à un peu plus de cent pieds de notre  embarcation. Nous entendons parler et rire les passagers sur les ponts. Leurs caméras nous "flashent" . Je ne sais pas ce que le capitaine a bien pu leur raconter au moment de se dérouter vers nous mais, il leur a sans doute promis un spectacle "reality" dont nous sommes le clou. Je comprends mieux maintenant comment se sentent les animaux en cage!

La nouvelle de notre naufrage a fini par se répandre sur l'île de Utila.  On nous annonce enfin qu'un rapide bateau de pêche sportive, le Scubidoo, est en route et devrait nous rejoindre d'ici une quinzaine de minutes. En attendant, le paquebot prend un léger retrait et dirige ses projecteurs aveuglants de chaque coté de nous. En déplaçant un de ses projecteurs il atteint accidentellement  un banc de poissons volants. Nous avons ainsi droit à un spectacle aussi imprévu qu'impressionnant. Les poissons volent en tous sens et de tous cotés à des hauteurs vertigineuses. Ils sont si métalliques sous cet éclairage qu'ils s'apparentent à des éclairs  se déplaçant à grande vitesse en vue d'échapper à cette lumière trop vive qui perce tout aussi bien l'eau turquoise que la nuit. Tous en restent bouche bée.

Le premier à surgir de la nuit est le fils du capitaine dans un autre doris. Dès qu'il a appris la nouvelle, il a foncé vers la lueur du Yorktown Clipper sans radio ni GPS. C'est pourquoi il surprend tout le monde.  Le Scubidoo surgit à son tour et nous aborde quelques minutes plus tard. Nous transférons tous à son bord sous l'oeil bienveillant de la lune qui a enfin daigné sortir de l'horizon. Seul Jim, le capitaine qui s'organise pour se faire touer par son fils et Mario le propriétaire reviendrons à bord du Lady Sherley.

Blotti dans un coin du Scubidoo, je suis heureux que tout se termine sur une si bonne note et je me fout éperdument d'être copieusement arrosé de paquets de mer. En regardant au loin le Yorktown Clipper s'éloigner, j'ai le sentiment que je serai toujours en dette avec cet équipage malgré tous les remerciements que nous leur avons adressés par radio.

Pour une excursion, c'en était toute une...Bonne fête Lise!

Denis Soucy

de "Ciel & Mer"

Mercredi 10 février 2005, il est 0636 au Guatemala

Bonjour à tous,

C'est avec émotion que se déroule notre dernier matin au Rio Dulce.

Nous quittons donc ce matin avec Jean-Paul Marteau à notre bord, un Breton que nous avons rencontré mardi soir, en vacances ici depuis une semaine. Il rêvait d'un voyage en mer. Il nous accompagnera vers Utila et nous ferons un peu de plongée avec lui. Si tout va bien il sera du voyage pour 5 jours environ. il Iest vraiment très sympathique.

Aujourd'hui nous nous arrêterons à la rivière Tatin car nous l'avons fait en entrant et avec nos amis en novembre et nous aimons cette petite rivière qui nous amène au cœur de la jungle.

Nous poursuivrons vers LIVINGSTON, nous y ferons nos formalité de sortie et nous y dormirons pour poursuivre demain matin.

En dehors de la réfrigération ( pour laquelle nous avons une solution dépannage) tout va bien sur le bateau. Nous avons fait le plein de nourriture, d'eau, de fuel et d'essence. Tout est en ordre alors ça y est.

Après 6 mois passés ici nous avons quelques racines que nous devrons couper et cette étape est toujours quelques peu difficile.

Hier, en quittant le quai de la marina où j'y avais mon amie "ma mère l'oie" elle a suivi notre annexe et j'en ai eu la gorge serrée. J'espère que nos amis, Cécile et Michel prendrons la relève lorsqu'ils y seront, c'est une invitation !

Bonne journée et à plus tard.

Jeudi 10 février 2005, il est 17h43 au Guatemala

Bonsoir tout le monde !

Nous sommes arrivés à Livingston en début d'après-midi. Nous avons fait nos formalités de sortie et nous avons visité cette petite ville en compagnie de Jean-Paul qui a bien aimé.

Nous passerons la nuit ici, en fait une partie de la nuit car le départ est prévu pour 3h00 du matin avec 70 miles à faire demain.

Position 15 49.348 N

         88 44.932 W

À demain.

Vendredi, 11 février 2005, il est 07h29

Bonjour à tous,

Comme prévu, nous avons levé l'ancre ce matin à 03h00 et c'est au moteur que nous avons fait ces 4 heures de trajet. Nous venons de lever les voiles et un petit grain nous est passé dessus il y a quelques minutes. Un peu de tout pour se refaire la main ! Comme nous avons eu un bon coup de gîte cela m'a permis de vérifier dès le départ que tout est bien en place pour toutes éventualités.

Tout va très bien à bord et Jean-Paul participe le mieux qu'il peut à la manœuvre. Il s'est même levé pour assister au départ et a quand même fait un petit dodo après tout, comme moi, laissant le capitaine reprendre contact avec son bateau.

Comme nous avons l'habitude de le faire lorsque nous reprenons la mer, je nous ai fait une céréale chaude (du gruau) pour le petit déjeuner.

Notre position actuelle est :

 15 58.79 N

088 27.18 W

Notre vitesse n'est que de 3.2 ce qui n'est pas suffisant. Nous devrons donc poursuivre voile-moteur de façon à entrer avant la noirceur à PUERTO ESCONDIDO. Nous avons encore 48mn à faire.

Les lignes sont déjà à la traîne et nous espérons une première prise au cours de la journée.

Bonne journée à vous tous.

Vendredi 11 février 2005, il est 16h27 au Honduras

Bonjour à tous,

Nous avons finalement eu un très bon vent du Nord et cela nous a permis de faire la route à la voile, un régal !

13h30 de route.

Nous avons préféré entrer dans cette lagune pour y être mieux protégés compte tenu de la direction du vent qui aurait probablement produit un houle peu confortable dans Puerto Escondido.

Une bonne et belle journée. Le capitaine est très satisfait des correctifs qu'il a apportés au réglage des voiles.

Bonne soirée à tous et à demain, direction Utila.

Samedi, 12 février 2005, il est 06h00 au Honduras

Bonjour à tous,

Le petit déjeuner est sur la table, dès que nous aurons mangé nous lèverons l'ancre.

Nous avons 45 Mn à faire et nous espérons que le vent et la vague ne nous donnerons pas trop de difficultés car le vent vient du Nord et nous allons dans cette direction !

Hier soir pour bien nous faire renouer avec la vie au mouillage, nous avons chassé juste comme il n'y avait plus une lueur de lumière. C'était donc dans le noir absolu. C'est donc au radar et avec l'aide du GPS branché sur l'ordinateur que nous avons retrouvé notre site de mouillage. Le fond ne tient pas très bien dans cette petite lagune. Je venais de demander à Gaétan de mettre l'alarme de mouillage, l'instinct féminin ! Et quelques minutes à peine après il sonnait.... Jean-Paul, notre passager, était un peu inquiet même s'il n'a pas voulu nous l'avouer franchement. Nous avions la situation bien en main et nous n'avons laissé paraître aucune tension. Le calme du capitaine est à toute épreuve ou presque ! Seul inconvénient : nous étions en milieu de notre repas du soir, zut ! mais bon nous avons dormi sur nos deux oreilles et nous sommes bien reposés pour reprendre la mer ce matin.

Bonne journée à tous.

Samedi 12 février 2005,il est 16h09 à UTILA, Les Îles de la Baie, Honduras

Bonjour à tous,

Quelle magnifique journée !

Nous avons eu une magnifique journée ensoleillée. Le vent malheureusement venait du nord-est, direction vers laquelle nous allions mais qu'importe, la mer était belle, d'un bleu profond et même si en début de journée nous avons dû affronter les vagues de face, elle s'est adoucie en grande houle au cours de la journée. C'est en nous berçant doucement qu'elle nous a permis d'avoir pas une mais deux fois la visite de dauphins venus saluer Jean-Paul qui n'en n'avait jamais vu d'aussi près dans un milieu naturel.

Comble du bonheur une ligne s'est agitée et nous avons remonté un très beau poisson, un WAHOO. C'est la première fois que nous en avons un. La joie était à son comble. Nous en avons fait 6 belles darnes d'au moins 1 pouce d'épaisseur et de beaux filets avec le reste, ce qui nous donnera encore 6 bonnes portions, de quoi nous nourrir pour plusieurs jours.

Nous venons de jeter l'ancre et nous irons faire un tour à terre mais je crois bien que pour les formalités d'entrée ce sera demain ou lundi.

Dans le mouillage nous retrouvons Réjane et Denis du CIEL ET MER, nos joyeux naufragés !

Bonne fin de journée à vous tous.

Lundi 14 février 2005, il est 07h08 à Utila

Bonjour à vous tous,

JOYEUSE ST-VALENTIN à tous les amoureux !

Ce matin nous commencerons par faire les formalités d'entrée nous serons donc en règle avec le Honduras.

Après, Gaétan et Jean-Paul iront en plongée sous-marine, la mer est calme et le soleil est bien présent.

Aucun déplacement prévu avec le bateau. Nous irons à  terre visiter un peu et la journée devrait donc s'écouler lentement au rythme des Îles………

Bonne journée à tous, attention , pas trop de chocolat !

Lundi 14 février 2005, il est 08h59 à Utila, Honduras

Bonjour à tous

Encore une photo de notre WAHOO (voir la photo dans l’album photo du site) , avec un capitaine souriant cette fois-ci !

Ce poisson est de la famille des thons, sa chair est plutôt blanche et très ferme, c'est délicieux.

Nous en avons préparé en darnes, cuisson à la poêle avec beurre, citron et câpre, hier c'était à la séshoinaise et ce soir darnes sur le BBQ.

À bientôt.

Mardi 22 février 2005, il est 16h37 À WESTEND, ROATAN, HONDURAS

Bonjour à tous,

Nous avons quitté Utila à 07h30 ce matin avec un vent venant de l'EST de 15 nœuds avec des pointes allant jusqu'à 20 nœuds. Une petite vague coupée et pas de houle.

Comme nous devions aller vers l'est nous avons louvoyé toute la journée.

Le soleil était au rendez-vous et la mer était belle.

Malgré nos 2 lignes à la traîne nous n'avons eu aucune prise aujourd'hui, ce n'est que partie remise.

Notre nouvelle position est :

WESTEND, ROATAN, HONDURAS

 16 17.801 N

086 35.861 W

À bientôt.

Lundi, 21 février 2005, il est 14h00 à UTILA, HONDURAS

Bonjour à tous,

J'ai eu une bonne nouvelle ce matin et je voulais vous la partager.

Nous avons fait faire notre BIMINI et plusieurs autres choses en toile par

Luc Meloche de Québec.

Luc m'a écrit ce message ce matin :;

Bonjour vous 2! Je reviens de ma convention qui se déroulait à Savannah en Georgie. J'avais soumis le projet de ALÉGRIA II au concours international. Eh bien j'ai gagné le 1er prix catégorie BIMINI pour toutes embarcations de 45' à 80', pour le design et la qualité de fabrication. Ces photos seront publiées dans des revues spécialisées à travers le monde. J'étais très fier de ce que j'avais réalisé sur votre voilier, imaginez maintenant.

Luc

Nous aussi nous étions très satisfaits de ce très beau travail et ce prix nous rend bien heureux pour Luc qui le mérite bien !

Bonne journée.

Dimanche, 27 février 2005, il est 14h53 à Westend, Roatan, Honduras

Bonjour à vous tous.

GRANDE NOUVELLE, nous avons désormais un site Internet et en voici l'adresse ;

www.alegria2.com

C'est Robert, le grand frère de Gaétan qui l'a entièrement monté et nous en sommes très heureux.

Nous en profitons encore une fois pour lui adresser nos remerciements les plus chaleureux ! vous comprenez avec le soleil qu'il y a ici , HA ! Ha ! Ha ! Sans farce MERCI du fond du cœur Cher Robert.

Vous pourrez y voir aussi bien ALÉGRIA II que JEAUNAS le bateau de Monique et Robert.

Nous aimerions que vous preniez au moins quelques minutes de votre temps afin de le visiter et surtout de nous faire vos commentaires afin de mieux comprendre vos besoins et d'y répondre au maximum.

Parlez-en à votre famille, vos amis, à vos collègues de travail, le plus possible…

Donnez-nous en des nouvelles à nous à notre adresse et en même à Robert en c.c. si vous le voulez bien, son adresse est ;

robert.david@umontreal.ca

Merci

À bientôt,